Petit retour sur mon jeudi matin de la semaine dernière... J'aurais
tellement aimé rester dans mon lit à vous savoir marcher dans le froid
jusqu'à Sciences Po ce matin là. Dommage, le RER B devait en écourter
d'autant plus ma nuit que le p'tit déj-débat auquel je m'étais promis
d'assister se situait à...Arcueil!
Je vous avoue, à vous autres, qu'il est tout de même bien plus agréable
de descendre à la station Laplace sans la boule au ventre propre à
cette descente (voire montée, en clin d'oeil à ceux qui se retrouvent
toujours parqués au 7ème étage...) en enfer du centre des Examens.
Bon, il serait bien que j'y arrive tout de même, sinon, vous ne lirez même pas le résumé du débat!
Le petit déjeuner-débat était organisé par des élèves de la Sorbonne en Master Communication politique et sociale au "Village Orange" (comprendre les bureaux de notre cher opérateur mobile...).
Malheureusement pour moi qui devais partir à 9h30, le débat prévu à 8h15 n'a commencé qu'à 9h. J'ai tout de même pu assister à une partie intéressante de celui-ci.
La première question a naturellement orienté le débat sur les nouveaux usages du net. Stéphane Guerry, consultant chez Euro RSCG C&O a retracé un bref historique des usages d'Internet depuis son apparition, de la simple recherche d'information qui prévalait jusque dans les années 2000 à la participation active à la mise en place d'oeuvre collective de type Wikipédia, en passant par la mise en relation des usagers par des outils de plus en plus sociaux. Les usagers auraient ainsi compris qu'ils pouvaient eux-même être sources et vecteurs d'information, et souhaiteraient avant tout être entendus. Le débat s'est assez vite concentré sur le rôle d'Internet lié au politique, Stéphane Guerry analysant l'attrait des usagers vers la toile et ses leaders d'opinions par défiance de plus en plus accrue envers les Institutions, les élus... Ce qui avait pu en effet se vérifier lors du Référendum sur l'Europe, où les internautes s'étaient emparé du texte de la Constitution Européenne. Selon Bertrand Simon, professeur en Sciences Politique à la Sorbonne, cette mise à disposition du texte, des relectures et interprétations multiples pouvaient fait l'objet sur le net d'une véritable comparaison avec la Réforme Protestante! Étrangement pourtant, l'expérience n'a pas semblé se renouveler lors de la présidentielle. Comme nous l'avait dit Rémi Guilbert la semaine précédente, ce dernier a émis de fortes nuances sur le rôle d'Internet lors de ces dernières élections, ce qui amenait finalement à minimiser l'influence relayée par les médias de la toile sur l'opinion populaire envers les présidentiables.
Les intervenants se sont tous accordés à penser que le net avait seulement servi d'espace de relecture des médias lors des élections, prenant pour exemple le nombre de visites sur les sites tels que YouTube retransmettant les images des meetings et débats divers.
Finalement, il m'a semblé assez intéressant d'assister à la confrontation d'opinions parfois divergentes, parfois concordantes de professionnels sur le Web 2.0. L'afflux d'usagers sur la toile, et le communautarisme qui s'en est suivi a ouvert une nouvelle voie à la veille, qui ne peut aujourd'hui plus éviter ce mastodonte Internet... Néanmoins, la multiplicité des sources, l'identification rendue difficile de ces dernières par l'accès illimité du net, l'instabilité de la blogosphère n'en ont rendu que plus ardue la veille Internet, qui doit se parer d'outils et techniques indispensables pour en retirer une lecture fiable.
La fin du débat devait se focaliser sur le rôle communicationnel de la veille d'opinion et sur l'avenir de celle-ci...

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