Pour y voir mieux ou plus loin, le veilleur doit en effet - Audrey le souligne très bien- prendre du recul. La séance dernière était intéressante en ceci : elle permettait à propos du débat concernant les peurs, rendu effectivement très contemporain par son omni-présence dans le discours ambiant,un traitement sous plusieurs angles :
-Des craintes ancestrales aux menaces contemporaines
-Le discours de/sur la peur : une construction sociale ( négative et positive)
-La relation entre peur et individualisme ( repli sur soi ou dépassement de soi ).
Il y aura eu vos repérages, nombreux et différents,souvent originaux ( la campagne Nike, les interviews sur le sens du mot peur) la discussion pendant la conférence, puis ces idées qui naissent ensuite de la réflexion quand elle s'organise hors champ, ce dont le blog permet aussi de garder la trace.A ce titre, le sujet était déjà présent en filigrane dans les séances précédentes et reviendra au cours des thèmes à venir...
C'est pourquoi j'aimerais que nous finalisions cette recherche, en en laissant sédimenter les directions, les croisements, en en trouvant finalement un fil rouge qui n'appartiendra qu'à notre "Laboratoire" de recherche.
L'oeil, chez le veilleur travaille avec l'esprit ( et quelquefois le coeur). J'ai apprécié que certains pensent à une représentation iconographique du thème : Le saisissant tableau d'E. Munch : "Le cri", ou bien l'image d' un homme lâ ché dans l'immensité du ciel avec son parachute, trompant son appréhension pour réaliser le rêve d'Icare...
Pour la semaine prochaine, déployez le regard, proche, lointain,grave ou léger. Soyez à l'écoute, puis laissez agir l'alchimie : il y aura probablement autant de sujets de veille que de Veilleurs présents !
Bon week-end !
MHG

" Le monde est un spectacle à regarder et non un problème à résoudre. "
Jules de Gaultier
Qu'en est-il du point de vue du veilleur ? Il est vrai que son attitude est avant tout celle d'un spectateur. Mais un spectateur qui est capable d'intégrer tout ce qu'il reçoit de l'extérieur pour le mobiliser ensuite au service d'une prise de décision. Le spectacle n'est donc jamais gratuit: c'est parce que nos entreprises ont des problèmes à résoudre dans des contextes très variés que la veille est de plus en plus convoquée. Je pense que les démarches que nous avons testées ensemble lors de cette deuxième séance nous ont montré l'importance de savoir observer et, comme dit Coralie, d'avoir une vision construite du monde. L'essentiel est à mon avis de ne jamais perdre notre curiosité et notre capacité d'étonnement, y compris face aux petites choses qui auraient tendance à passer inaperçues. Le monde en tant que problème à résoudre, au philosophe. Au veilleur, donc, le droit - et le privilège - de s'émerveiller constamment.